Karl Lagerfeld Modemethode [La méthode mode de Karl Lagerfeld]

Flyer de l'exposition Karl Lagerfeld Modemethode / La méthode mode de Karl Lagerfeld
La seule photo que j’ai pu prendre moi-même : le flyer !

Attirée par une jolie affiche et pensant en apprendre plus sur le mystérieux KL, je me suis rendue à la Bundeskunsthalle de Bonn pour l’exposition « Karl Lagerfeld Modemethode », c’est à dire : la « méthode mode » de Karl Lagerfeld. Après avoir du abandonner mon appareil photo, interdit dans l’exposition, je me lance… Désolée, pas de photos originales, c’est bien triste non ? Au début j’ai bien pensé prendre quelques photos avec mon portable mais j’ai vite compris que ça serait à mes risques et périls vu le nombre de vigiles qui scrutaient les visiteurs :)

Après deux textes d’introduction, célébrant le génie de Karl (je me permets, on est entre nous !), je me trouve face à un bureau surmonté de beaucoup de papiers, de livres, de feuilles avec du matériel de dessin. Son bureau ? Probablement, il n’y a aucune explication, j’aurais bien aimé savoir si il s’agissait d’une reproduction de son bureau, et si oui, de quel bureau, puisque je ne sais pas où ce brave homme habite ! Peut-être était-ce une sélection de ses

affaires personnelles ? Ou juste une évocation ? Est-ce lui qui a défini la disposition ? Autant de questions qui resteront à tout jamais sans réponses !

Le manteau Woolmark qui a lancé la carrière de Karl Lagerfeld © WDR/Kretz-Mangold
LE manteau qui a lancé la carrière du Kaiser © WDR/Kretz-Mangold

La suite de l’exposition qui se présente comme une chronologie des créations de Karl Lagerfeld mais également et surtout, des maisons pour lesquelles il a exercé. Elle débute sur LA pièce qui a marqué le début de sa carrière : le manteau Woolmark. Ce très joli manteau jaune lui a permis de finir 1er ex aequo avec Yves Saint-Laurent (genre) de la 1ère édition du concours du Secrétariat international de la laine en 1954 et d’être ainsi repéré par Pierre Balmain. Bon, à Bonn ça n’était pas l’original mais la copie permettait bien de se rendre compte du style au moment de sa création. Etonnament actuel, qu’en pensez-vous ?

La visite se poursuit dans une scénographie reproduisant une rue (parisienne ?) dans laquelle se trouvent des mannequins vêtus des créations du Kaiser, passantes ou évocation de son défilé « Boulevard Chanel » de 2014 ? Il y a même des trottoirs sur lesquels on peut monter pour admirer les invitations aux défilés et autres publicités dans les vitrines tables, quant aux murs, ils sont recouverts de reproductions de ses dessins. Scénographie en subtile allusion au credo de la maison Chanel : « Il n’y a pas de mode si elle ne descend pas dans la rue », devise que l’exposition insiste à faire également celle de Karl… Autant je veux bien reconnaître qu’il a effectivement été dans le sens du prêt-à-porter, allant jusqu’à collaborer avec H&M mais je suis quand même bien dubitative sur le fait de le considérer comme l’Abbé Pierre de la mode… Enfin il n’y a pas à dire, la mise en scène est très belle.

Robe Lagerfeld pour Chloé 60's-70's © WDR/Kretz-Mangold
Chloé version Lagerfeld en 60-70 © WDR/Kretz-Mangold

Je marche donc dans cette rue Lagerfeld et passe de Balmain à Fendi, arrive à Chanel en croisant des pièces de la marque Karl Lagerfeld. Vêtements, accessoires, chaussures, toutes ces créations sont vraiment intéressantes notamment par la diversité des styles créés par un seul et même styliste ! Mention spéciale pour l’îlot Chloé années 60-70, je suis totalement fan du style de cette période et avec tous ces tissus perlés et des éventails partout en arrière plan, vraiment magnifique. J’ai également beaucoup aimé la vitrine de boutons Chanel, le détail auquel on ne pense pas forcément et qui lui aussi est réfléchi ! Et juste à côté une présentation chronologique de l’évolution du célèbre tailleur Chanel, une visions originale de l’évolution du style au fil du temps !

Robe de mariée pour femme enceinte par Karl Lagerfeld © WDR/Kretz-Mangold
La Lagerfeld Touch en fin d’exposition avec la mariée enceinte ;) © WDR/Kretz-Mangold

Après un passage devant un des courts métrages publicitaires Chanel réalisé par Karl Lagerfeld, je m’apprête à entrer dans la dernière salle de l’exposition, un peu déçue par le manque d’information sur la personne en elle-même du Kaiser dont le seul élément biographique est le récit de son début de carrière (suite au manteau jaune du début, tu suis ?). Je passe donc devant quelques mannequins en perruque poudrée avant de tomber en arrêt devant la dernière des salles qui est réellement magique et qui me fait pardonner tout le reste à l’exposition. De pile de feuilles posées au sol montent au plafond des milliers de morceaux de papiers qui entourent des robes de soirées magnifiques. L’allusion au maître dont les créations naissent de « simples » dessins est superbement représentée et parle directement à mon amour immodéré pour les scénographies immersives :) Je passe donc d’une robe à l’autre émerveillée (mais toujours peu informée) et sort avec le sourire de ce show / exposition en passant devant l’ultime pièce : une robe de mariée pour femme enceinte !

Pour voir toutes les pièces de cette exposition, c’est ici !

Le must :

Le Paper Castle de Wanda Barcelona © WDR/Kretz-Mangold
Le Paper Castle de Wanda Barcelona autour des robes de Karl Lagerfeld © WDR/Kretz-Mangold

Au risque de me répéter, la dernière salle était tout simplement exceptionnelle. En fait, j’ai appris ensuite qu’il s’agissait d’une commande à Wanda Barcelona, un collectif composé d’un architecte + un designer + une artiste spécialisés dans les créations en cartons et papiers. Leur « Paper Palace » pour l’exposition Lagerfeld, dont le nom n’aurait pas pu être mieux trouvé, comprenait 15000 morceaux de papier découpés au laser ! Cette oeuvre mettait tellement en valeur les créations Lagerfeld qu’elle leur faisait presque concurrence… Enfin je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que ce type de scénographie de luxe doit coûter très cher et qu’évidemment avec Vogue et les champagnes Perrier-Jouët comme sponsors, c’est plus simple !

Les + :

+ Une scénographie très travaillée et agréable
+ La créativité du Kaiser était vraiment mise en valeur à travers toutes sortes de créations. J’ai découvert que Karl Lagerfeld n’avait pas créé seulement des vêtements en noir et blanc ! Dire qu’il a même commencé avec du jaune, on en apprend tous les jours :)
+ Le choix d’une progression chronologique était à mon avis assez pertinent, l’exposition reflétait à la fois l’évolution esthétique de Karl Lagerfeld mais également celle du goût vestimentaire au fil du temps, à moins que ça ne soit l’inverse ?

Les – :

Presque aucune information sur Karl Lagerfeld, il n’y avait même je crois aucune photo de lui ! D’accord l’exposition dès le titre annonçait un focus sur ses créations et pas sur lui en tant que personne mais j’attendais d’en apprendre plus sur sa « méthode mode ». *minute langue de pute* : serait-ce parce qu’il a perdu 40 kilos en 2000 que Karl Lagerfeld impose une rétrospective uniquement créative ? ohoho… Bref, au final une exposition extrêmement esthétisante mais peu instructive.
J’ai trouvé le propos un peu trop dithyrambique. D’accord c’est un styliste de génie, un visionnaire tout ça ok, mais de là à le faire limite passer pour un bienfaiteur des pauvres… Pour beaucoup de personnes c’est même l’incarnation du snobisme !
J’aurais aimé regarder les différents courts-métrages réalisés par le maître mais sans indication de durée, et sans chaises, c’est toujours aussi difficile ! J’ai tenté quelques minutes assises par terre… un peu cheap à quelques centimètres de créations Chanel non ?
Il y avait du tweed, et vraiment, non rien à faire, je hais le tweed…
Aucune mention de Choupette ?? WTF ? Parce que non, Perceval Vincent, Choupette, on ne la voit jamais assez !
Trop chou et en même temps effrayant non ?
Temps de visite : Environ 1h30, beaucoup de visuels, peu d’informations, du coup ça va assez vite.
Prix : 10€, vraiment cher je trouve pour le contenu mais quand on pense au prix qu’elle a du coûter...

Karl Lagerfeld. Modemethode [Karl Lagerfeld. La méthode mode] à la Bundeskunsthalle de Bonn – Du 28 Mars au 13 Septembre 2015

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